Jérôme Le Goff

Eden Garden, Bruno et Aubierge

Avec Bruno et Aubierge

Janvier 2019 

 

Eden Garden est un travail sur la notion de confiance où il est de bon ton de ne plus rien avoir à cacher. Costume taillé pour jouer avec la lumière avec cette nécessité d’entrer en résistance dans le contexte actuel. Mettre les pieds dans le plat en se référant à l’histoire de l’art. Honnêteté et franchise de ces corps nus qui ne peuvent pas mentir. Etre là pour affirmer qu’il y a évolution, que nous allons tous sur le même chemin, libre et droit.

 

Le shooting de 35 minutes commence. Devant un fond peint de 3m sur 3 et un livre qui regroupe les principales représentations d’Adam et Eve dans l’histoire de l’art au sol, un homme et une femme qui ne se connaissent pas encore entrent en scène. Ils se déshabillent, trouvent les positions en s’appuyant sur les illustrations proposées puis se rhabillent. Il y a d’abord quelques rires gênés puis la parole et la confiance arrivent avant que l’humour ne s’installe dans le jeu. Un jeu d’enfants avec des corps d’adultes.

Générique: Rubeck

 

texte d’Aubierge:

Et Dieu créa…. « créa » passé simple. … pas si simple tout de même. D’une jolie histoire on voudrait nous faire comprendre l’histoire sale des Hommes. Belle intention! La faute à Eve. Sérieux? On est dans le bricolage là. D’abord, et d’une, la pomme tenait mal, (encore de la colle bon marché ), et de deux la gravité l’aurait fait tomber et pourir au sol (rien de mieux pour glisser dessus et se casser la bobinette). A chacun ses opinions mais j’ai tendance à penser que si le bricolo des Choses et du Vivant c’est Dieu, (quoi que…), le destin serait plutôt le Dé. Dieu a donné son i et son u … son nid et son nu, en somme. Moi jaime bien les dés alors j’ai dit « oui » à Jérôme pour parfaire l’Eden. Jérôme est un bandit ; il fait des explorations outre-temps sans permis et moi, parfois je suis dans sa bande ! Ça me plait ça ; une descente directe aux origines sans passer par la case départ… euh, non pardon ; descente à la Case Départ sans passer par les frontières. Une fois arrivée au Jardin, Jérôme est gentil, il me donne en plus d’un homme et d’un sol sec, (Oui, il pleuvait fort ce jour là), une chaise pour mes affaires … enfin, pour me défaire et me revêtir d’une Eve. Je dis « une » car j’en découvre une tripotée par terre, bon sang… et d’ Adam, oh là là ! Je me sens un peu drôle d’être nue… un peu chose. On est deux. L’autre c’est… nu aussi, l’autre … Jérôme nous dit qu’on est « Adam et Eve » dans l’ordre qu’on veut, dans le style, le sens, la couleur , la race-ta-mère, qu’on veut ! (Tient j’ai pas vu un Adam noir vers une Eve claire !?! )… Mais attention : « pas d’ombre! » . Les Adam et Eve sont entiers. Ni l’un mordillé par l’ombre de l’une, ni lune …etc…. Ça s’oublie vite la nudité! C’est embêtant. Comment désirer si le nu s’est oublié ? On est très docile. On se fera jamais chasser !